7DaysAutomatisation des process
Cas d’usage · Documents et données

Sauvegarder automatiquement, et le prouver

Tout le monde a des sauvegardes. Presque personne n’a essayé de s’en servir.

Une sauvegarde automatisée copie vos données à intervalle régulier, les chiffre avant qu’elles ne quittent votre machine, les conserve selon une règle de rotation, et — le point que presque tout le monde oublie — restaure automatiquement un échantillon chaque semaine pour vérifier que l’archive est exploitable. Sans ce dernier point, vous n’avez pas une sauvegarde : vous avez une croyance.

DéclencheurUn fichier est déposé
L’automateExtrait, vérifié, rangé
VousVous validez les cas douteux

Aujourd’hui, à la main

Une copie manuelle quand on y pense, un disque externe dans un tiroir, et aucune idée de ce qu’on récupérerait vraiment.

Une fois automatisé

Une sauvegarde chiffrée par jour, hors site, testée chaque semaine, avec un délai de restauration connu.

À savoir

La question n’est pas « avez-vous des sauvegardes » mais « combien de temps pour redémarrer, et avec quelle perte ».

Ce qui tourne mal, vraiment

La panne de disque est le scénario qu’on imagine, et c’est le plus rare et le mieux couvert.

Les scénarios réels sont ailleurs. Le rançongiciel, qui chiffre le poste et tout ce qui lui est accessible, disque de sauvegarde compris s’il est branché. La suppression par erreur, découverte trois semaines plus tard, quand toutes les copies récentes contiennent déjà l’absence. Le départ d’une personne, avec des fichiers qui n’existaient que sur son poste. La corruption silencieuse, où les fichiers existent, sont copiés fidèlement, et sont inexploitables.

Ces quatre scénarios ont un point commun : une simple copie du dernier état ne protège d’aucun. Il faut de l’historique, de la distance, et de la vérification.

Ce qu’on automatise

La copie. Quotidienne au minimum, plus fréquente sur les données qui bougent, sans intervention et sans y penser.

Le chiffrement avant départ. Les données sortent déjà illisibles. La confiance dans l’hébergeur du dépôt devient sans objet.

La rotation. Combien de versions quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles on garde, et ce qu’on supprime — automatiquement, selon une règle écrite.

La vérification d’intégrité. L’archive est relue et ses empreintes recalculées, pour détecter une corruption au repos avant d’en avoir besoin.

Le test de restauration. Un échantillon est effectivement restauré chaque semaine, dans un espace isolé, et comparé à l’original. C’est le point qui distingue une sauvegarde d’un espoir.

L’alerte. Si une sauvegarde n’a pas eu lieu, si un test échoue, vous le savez le jour même — pas le jour du sinistre.

Comment ça marche techniquement — pour qui veut le détail

L’outil de sauvegarde. Restic pour les fichiers et les volumes. Trois propriétés en font le bon choix ici : chiffrement de bout en bout côté client — le dépôt ne voit jamais de clair —, déduplication par blocs de taille variable, de sorte qu’un fichier de 2 Go modifié à la marge ne recoûte pas 2 Go, et instantanés immuables avec une commande de vérification intégrée (restic check --read-data-subset). Les alternatives sérieuses — Borg, Kopia — partagent ces propriétés ; ce qui compte est le chiffrement côté client et la vérification.

Les bases de données ne se sauvegardent pas comme des fichiers. Copier le répertoire de données d’un PostgreSQL en fonctionnement produit une archive incohérente. On utilise pg_dump pour une sauvegarde logique rejouable, et l’archivage des journaux de transactions (WAL) avec un outil comme pgBackRest ou barman quand on veut pouvoir revenir à un instant précis — restauration à l’instant T, ce qui permet de se placer juste avant une commande destructrice. Même logique pour les autres moteurs.

Les conteneurs. Ce qui compte n’est pas l’image — elle se reconstruit — mais les volumes et la configuration. Un plan de sauvegarde qui archive les images Docker et oublie /var/lib/docker/volumes protège ce qui est jetable et perd ce qui est unique. Les fichiers compose, les variables d’environnement et les secrets font partie du périmètre, chiffrés.

La destination. Un dépôt distant chez un hébergeur différent de celui qui héberge la production — mettre les deux au même endroit annule l’intérêt du hors-site. Quand c’est possible, un stockage objet avec verrouillage (Object Lock, mode conformité) : une sauvegarde écrite ne peut plus être modifiée ni supprimée avant l’échéance, même avec les identifiants d’administration. C’est la seule protection réelle contre un attaquant qui a pris le contrôle et cherche d’abord à détruire les sauvegardes.

La séparation des droits. La machine sauvegardée possède des identifiants qui permettent d’écrire dans le dépôt, jamais d’y supprimer. La purge est exécutée par un second acteur, avec d’autres identifiants, depuis un autre endroit. Sans cette séparation, compromettre le serveur suffit à effacer l’historique.

La planification. Des timers systemd plutôt que cron : journalisation intégrée, Persistent=true pour rattraper une exécution manquée après une extinction, et état consultable (systemctl list-timers). Chaque exécution rapporte son résultat.

Le test de restauration, concrètement. Chaque semaine, un flux n8n tire un instantané au hasard, restaure un sous-ensemble dans un conteneur jetable, compare les empreintes SHA-256 avec la source, restaure un vidage de base dans une instance temporaire et y exécute quelques requêtes de contrôle — nombre de lignes des tables principales, date de l’enregistrement le plus récent. Le résultat est journalisé et publié dans un tableau de bord. Un test rouge déclenche une alerte au même titre qu’une panne.

La surveillance par battement. Chaque sauvegarde réussie appelle un point de contrôle Uptime Kuma en mode push. L’absence d’appel est ce qui déclenche l’alerte — une sauvegarde qui ne s’exécute plus du tout est silencieuse par nature, et c’est précisément le mode de panne le plus fréquent.

Syncthing n’est pas une sauvegarde. La synchronisation continue entre machines est excellente pour disposer de ses fichiers partout, et elle propage une suppression ou un chiffrement malveillant en quelques secondes. Les deux mécanismes sont complémentaires, jamais substituables.

Le document de reprise. Un fichier écrit, conservé hors de l’infrastructure sauvegardée : où est le dépôt, où sont les clés, dans quel ordre remonter les services, quels DNS changer, qui appeler. Une procédure de reprise stockée uniquement sur le serveur à restaurer est une plaisanterie classique du métier.

Questions fréquentes

On a déjà un disque externe, ça suffit ?
C’est mieux que rien et ça protège d’une panne matérielle. Ça ne protège de rien d’autre : un rançongiciel chiffre le disque branché en même temps que le poste, un incendie ou un vol emporte les deux, et une suppression par erreur se propage à la copie si elle est synchronisée. La règle de référence est simple : trois copies, sur deux supports différents, dont une hors site et une non modifiable.
Combien de temps garde-t-on les sauvegardes ?
La question importante est plutôt : à quelle date pouvez-vous revenir ? Une rotation classique garde les sept derniers jours, les quatre dernières semaines, les douze derniers mois. Ce n’est pas du zèle : une donnée corrompue ou supprimée par erreur se découvre souvent des semaines plus tard, quand la sauvegarde de la veille contient déjà le problème.
Nos données sont-elles lisibles par l’hébergeur ?
Non, si le chiffrement se fait avant l’envoi. C’est le point à vérifier avec n’importe quelle solution. Chez nous, les données sont chiffrées sur votre machine, avec votre clé ; l’hébergeur du dépôt distant ne stocke que des blocs illisibles. Il peut constater qu’il y a des données, jamais lesquelles.
Et si on perd la clé de chiffrement ?
Vous perdez les sauvegardes, définitivement. C’est la contrepartie honnête d’un chiffrement réel, et c’est pour cette raison que la procédure de mise en place inclut la conservation de la clé à deux endroits hors ligne, indépendants de l’infrastructure sauvegardée. Une clé stockée uniquement sur le serveur sauvegardé ne sert à rien.
Combien de temps pour tout remonter après un sinistre ?
C’est la seule métrique qui compte, et elle se mesure — elle ne s’estime pas. On chronomètre une restauration complète pendant la mise en place, et on vous donne le chiffre. Il dépend du volume, du débit de la liaison et de la préparation de l’infrastructure de remplacement. Le connaître change les décisions ; l’ignorer fait découvrir le lundi matin qu’il fallait trois jours.
Combien coûte la mise en place d’une sauvegarde automatisée et vérifiée ?
Entre 2 000 et 5 000 € selon le nombre de systèmes à couvrir, auxquels s’ajoute le stockage — quelques dizaines d’euros par mois pour la plupart des PME. L’exploitation se situe entre 150 et 350 € par mois, et elle comprend le test de restauration : une sauvegarde jamais restaurée n’est pas une sauvegarde.
Combien de temps pour le mettre en place ?
Deux à quatre semaines, dont une restauration complète effectuée pour de bon avant la livraison. C’est le seul livrable qui compte sur ce chantier : le procès-verbal d’une restauration réelle, avec le temps qu’elle a pris. Tout le reste n’est qu’une promesse.

Pour aller plus loin

Ce process, chez vous

Les chiffres de cette page sont des ordres de grandeur observés. Les vôtres seront différents — et c’est précisément ce que l’audit mesure.

Parlons-en

Ce process, chez vous

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